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maurice coussirat

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IMPASSE DE LA CENSURE - 2013 -

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impasse

La Force de l'Art
Il existe à Nevers un passage, inconnu de Google™, viaMichelin™ et autre Mappy™. Il se nomme "Passage de l'ancienne caserne PITTIÉ".
La caserne Pittié (le nom ne s'invente pas) s'étendait sur 6 hectares, dont 20 000 m2 de bâti.
Le site accueillit successivement le 13ème régiment d'infanterie, puis
le 7ème régiment d'Artillerie. Il est en cours de réhabilitation.
Aujourd'hui, nul joli thorax, martial et médaillé, ne se bombe plus sous l'humide regard de jeunes Nivernaises, ou Neversoises.
Strictement rectiligne sur une centaine de mètres, et d'une largeur inférieure à celle d'une automobile, ce qui explique le mépris des cartographes à son égard, le revêtement d'asphalte du passage autorise cependant la circulation confortable des cyclistes informés.
Il est bordé d'un coté, sur sa première moitié, d'un grillage vert d'environ deux mètres de hauteur, clôturant les jardins potagers ou d'agrément d'une succession de maisons individuelles, que l'on aperçoit subrepticement dans les trouées des haies qui doublent prudemment
le grillage. Un mur de pierres de même hauteur et recouvert d'un enduit prolonge ensuite le grillage jusqu'au terme du passage.

L'autre rive du passage est constituée d'un mur de pierres d'une hauteur plus dissuasive, également recouvert d'un enduit gris clair, interdisant l'accès au terrain militaire de la caserne.
Cette tentante et majestueuse platitude murale vierge et lisse attira la convoitise d'un street-artiste inspiré qui s'appropria l'intégralité de ce support-surface, bien abrité des regards riverains par la végétation et les murailles. Du moins le croyait-il car, par dénonciation d'un voisin ou ronde hygiéniste d'un service municipal, le bras armé du censeur passa avant l'oeil du photographe pour recouvrir l'outrage.
Or, soit par manque de matière (deux couleurs blanche et beige ont été utilisées), soit par souci économique ou écologique, ou simplement par paresse, le pinceau du censeur ne recouvrit que les parties agressées, laissant à son tour d'esthétiques signes graphiques dont les images témoignent. Art oseur, art osé, en quelque sorte !

Le street-artiste, revenu sur les lieux, s'est contenté de ré-apposer sa signature sur le mur: "NEVERS"…